Le retard pubertaire

 

A) COMMENT LE DIAGNOSTIQUER ?


Le début de la puberté correspond au développement de la poitrine chez les filles, et à l'augmentation de volume des testicules chez le garçon
. L'apparition d'une pilosité pubienne ou axillaire, lorsqu'elle est isolée, ne correspond pas en général au démarrage pubertaire.

 

L'age moyen du développement mammaire est de 10 ans et demi à 11 ans, et 95% des filles débutent leur puberté entre 8 ans et 13 ans. Lorsque les seins se développent avant l'âge de 8 ans, il s'agit d'une avance pubertaire, ou puberté précoce. Lorsqu'il n'y a pas de développement mammaire après l'âge de 13 ans, il s'agit d'un retard pubertaire.

 

L'âge moyen du développement testiculaire est de 12 ans et demi à 13 ans, et 95% des garçons débutent leur puberté entre 9 et 14 ans. Lorsque les testicules augmentent de volume avant l'âge de 9 ans, il s'agit d'une puberté précoce. Lorsqu'il n'y a pas de développement testiculaire après 14 ans, il s'agit d'un retard de puberté.

 

 

Assez souvent, le retard de puberté s'associe à un ralentissement de la vitesse de croissance, pouvant entraîner une petite taille : en effet, l'accélération de la vitesse de croissance contemporaine du développement pubertaire ne se produit pas (cliquer sur la figure pour agrandir).

 

 

 

    Exemple de retard statural progressif du à un retard de puberté (cliquer sur la figure pour agrandir).

 

        Exemple en PDF

 

 

 

2,5% des garçons et 2,5% des filles ont un retard de puberté. L'évaluation de ce retard est indissociable de l'évaluation de la croissance staturale, effectuée à l'aide de mesures précises et répétées au cours de l’enfance de la taille et du poids. Ces mesures sont indiquées sur les courbes de croissance disponibles dans le carnet de santé.

 

 

 

  courbe de croissance garçon (cliquer sur la figure pour agrandir)            courbe garçon en format PDF

 

 

 

 

 

 

 

courbe de croissance fille (cliquer sur la figure pour agrandir)                  courbe fille en format PDF

 

 

 

 

 

B) COMMENT L’ÉVALUER?

1) Une évaluation médicale est importante, afin de déterminer si ce retard de puberté est :
- physiologique : il n’y a pas de maladie gênant la puberté, la puberté se déroulera normalement, mais avec un décalage par rapport à la moyenne. Dans ce cas, des antécédents familiaux de retard de puberté sont souvent retrouvés : les premières règles de la maman sont apparues après l'âge de 13 ans, souvent après 15 ans, et/ou le père a eu lui même une puberté tardive (c'est plus difficile à savoir, car les garçons n'ont pas de point de repère net pour se souvenir de leur puberté : le plus souvent, la puberté tardive s'associe à une croissance tardive, et les pères se souviennent d'avoir grandi tard, après 18 ans, ou après le service militaire par exemple).
- pathologique : une maladie gène la puberté.

 

Pour que la puberté s’effectue de manière satisfaisante, il faut

- bien manger (apports caloriques suffisants),

- bien digérer (assimilation normale de l’alimentation),

 

- bien produire les hormones impliquées dans la puberté (gonadotrophines FSH et LH, stéroïdes gonadiques testostérone et/ou oestradiol)

 

Schéma des productions hormonales de la puberté (cliquer sur la figure pour agrandir).

 

 

- bien utiliser les réserves d’énergie dont l’organisme dispose

 

 

Un élément important d’appréciation de la croissance est l’âge osseux : il s’agit d’une radiographie de la main et du poignet gauche. L’âge osseux est déterminé en comparaison avec un atlas de radiographies d’âge osseux (cliquer sur la figure pour agrandir). Dans les retards de croissance, l'âge osseux est souvent en retard par rapport à l'âge civil.

 

 

 

2) Le médecin examinera votre enfant, effectuera et analysera la radiographie d’âge osseux, et déterminera si des examens complémentaires sont nécessaires.

Dans certains cas, ces examens complémentaires sont effectués en hôpital de Jour de pédiatrie: on vient passer une journée à l’hôpital (du matin vers 8 h jusque dans l’après midi vers 15 heures ; on ne reste pas dormir à l’hôpital).

 

L’interrogatoire et l’examen clinique analysent :
- le poids et la taille de naissance
- la courbe de croissance du poids et de la taille, avec une mesure précise le jour de la consultation.
- la taille des parents et des frères et sœurs (amener le carnet de santé de chacun, y compris des parents s’il est disponible).
- les antécédents médicaux et chirurgicaux
- le stade pubertaire
- l’examen clinique de la thyroïde
- l’auscultation cardiaque et pulmonaire, la prise de la pression artérielle
- l’examen général

 

C ) QUELLES EN SONT LES CAUSES?


Les causes de retard de puberté sont très nombreuses. Il peut s’agir :
- d’une anorexie (on ne mange pas assez)
- d’une malabsorption intestinale (l'assimilation des aliments se fait mal)
- d’une maladie chronique gênant la puberté (maladie rénale, pulmonaire, cardiaque, inflammatoire)

- d’un déficit gonadotrope (les hormones hypophysaires FSH et LH, qui sont normalement activées à partir de l'adolescence, et vont stimuler la production de testostérone par les testicules chez le garçon, ou d'oestrogènes par les ovaires chez les filles, ne sont pas convenablement fabriquées).
- d’un déficit gonadique (syndrome de Turner, insuffisance testiculaire).
- d’un retard simple de croissance et de puberté : c'est le plus fréquent. Ce n'est pas une maladie, mais un simple décalage du début de la puberté.


Et de beaucoup d’autres causes, impossibles à toutes citer ici…


 


D) UN TRAITEMENT EST IL NÉCESSAIRE ? UN TRAITEMENT EST IL POSSIBLE ?


Le traitement dépend de la cause du retard de puberté.


Dans certains cas, aucun traitement n’est nécessaire, car la puberté va se produire spontanément très prochainement. Si la puberté tarde, et que l'enfant souffre de ce retard, un traitement médicamenteux bref, pour agir comme "starter de la puberté ", peut être donné.


Dans d’autres cas, une cause particulière est retrouvée, et le traitement du retard de puberté correspond au traitement de la cause : ainsi, si l’absorption intestinale est insuffisante (malabsorption), le traitement consistera à normaliser l’absorption.


Si il y a une insuffisance en gonadotrophines FSH et LH, ou en stéroïdes gonadiques (testostérone chez le garçon, oestradiol chez la fille) un traitement prolongé, de substitution, sera donné : ce traitement permettra un développement pubertaire complet.

 

 

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